Héritage groove et Liberté


Issus des riches terres musicales du Burkina Faso, Ahmed Cissé et les Gombis incarnent l'héritage des traditions Warba et Wiiré.Fondé par l'auteur-compositeur et multi-instrumentiste Ahmed Cissé, fils du populaire Abdoulaye Cissé, le groupe crée une fusion explosive : un Afro Groove percutant, mariant le Jazz, l'Afrobeat fiévreux à la Fela Kuti et le Funk musclé de James Brown.Après une formation théorique à l'Institut National de Formation Artistique et Culturelle du Burkina-Faso, Ahmed Cissé a forgé sa maîtrise en jouant sans relâche dans les maquis (cabarets) de Ouagadougou.Durant près de sept ans (1996-2002), il a accompagné sans relâche, en tant que bassiste, des artistes locaux, développant ainsi une capacité d'improvisation exceptionnelle, et une connaissance intime des musiques de danse africaines.

Ahmed
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En 2003, il obtient une reconnaissance nationale en atteignant le top 5 du Grand Prix National du Burkina Faso, ce qui lui permet de sortir son premier album, Baba, en 2006, et de devenir chanteur-leader.Installé en France depuis 2005, Ahmed Cissé a réuni autour de lui un collectif aguerri dont la force réside dans une prestation scénique à la fois rodée et festive.Ahmed obtient une reconnaissance importante en 2010 en étant finaliste du Prix Découverte RFI avec l’album Teng Taaga, Au-delà de ma terre.Polyvalent, Ahmed a tourné intensivement entre 2010 et 2016 avec les groupes touareg Ti Witine et Atri Nasouf.Ses paroles, délivrées en mooré, dioula et français, transcendent les frontières. Fidèle à la conscience léguée par son père et à l'esprit de Thomas Sankara, l’artiste porte un message politique engagé, célébrant une Afrique forte, fière et positive.

Revue de presse

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RFI
Le Son de l'Engagement
Découvrez Ahmed Cissé et l'histoire derrière "Barra", le titre qui a mené le leader d'Akili Youma en lice pour le Prix Découvertes.
Lire l'article de RFI

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AFRISSON
La Fusion du Burkina
Des racines familiales à Fela Kuti, le parcours d'Ahmed Cissé, maître du Warba-Jazz-Afrobeat.
Lire le portrait sur Afrisson

Le Baptême du Feu : Guitare, Gombo et Révolution

Aux heures du maquis, les musiciens n'arrachent pas seulement le Gombo pour survivre : on joue pour éveiller le peuple.
 
Le père d'Ahmed, Abdoulaye Cissé, est un musicien reconnu ; il est aussi l'ami et travaille pour Thomas Sankara. Il s’occupera des petits chanteurs au poing levés et les Colombes de la Révolution, des ensembles musicaux composés d'enfants et de femmes créés pour populariser les idéaux politiques et sociaux de la révolution, notamment le rôle accru des femmes.

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Thomas Sankara et la musique

Guitariste passionné dès l'adolescence, Sankara voyait la musique comme un outil essentiel d'éducation et d'émancipation.
Il a créé des orchestres révolutionnaires : les Petits Chanteurs au Poing Levé, les Colombes de la Révolution et son propre groupe, Tout à Coup Jazz. Son attachement à cet art était tel qu'il a déclaré posséder ses trois guitares comme ses biens les plus précieux.

En savoir +

Dans le Burkina Faso en effervescence, le rythme n'est pas qu’un divertissement. Sankara, lui-même guitariste, voit la musique – et surtout le Warba local – comme un outil d'émancipation populaire.Alors qu'Abdoulaye est absent, Sankara fait irruption dans la maison familiale. Le Capitaine a l'habitude de s'y arrêter pour jouer quelques morceaux : il s'entraîne et répète souvent avec Abdoulaye, laissant sa guitare fétiche sur place – difficile à transporter puisque Sankara se déplace principalement à vélo dans Ouagadougou.Ahmed, attentif, va chercher cette même guitare et la donne à Sankara pour qu'il commence à s'exercer. Abdoulaye revient alors de son rendez-vous et les rejoint. Ils jouent ensemble, comme à leur habitude.À la fin de cette session, comprenant l'envie du garçon, Sankara lui offre cette guitare devant son père pour lui permettre de s'entraîner à sa guise. Il encourage ainsi la vocation d'Ahmed.C'est ainsi que s'ancre dans la conscience d'Ahmed la volonté d'allier le groove intransigeant du Warba et la conscience politique héritée du capitaine. Cette flamme anime son premier album, "Baba", et se manifeste par l'hommage direct rendu à Sankara avec "Teng Taaga". C'est pourquoi, derrière le groove du Gombo, vibre toujours cette devise : « Malheur à ceux qui bâillonnent leur peuple. »